31 mai 2008
25 mai 2008
Une jeune femme dans le train

Train Gadag-Margao, Karnataka, novembre 2007
Libellés : Gares et trains, Karnataka, numerique
23 mai 2008
L'éléphant shivaïte, son mahout

Au temple d'Arunachaleshvara, Tiruvannamalai, Tamil Nadu, mars 2008
Quand on entre dans une cathédrale de la fin du moyen-âge français, on comprend que le dessein général des architectes a été de rendre l'homme qui entre si petit que son dieu y paraisse immense. On a bâti des édifices toujours plus hauts, au chœur inondé de toujours plus de lumière (perçue comme divine) et de couleurs, afin d'emporter l'âme dans un mouvement ascensionnel, vers le ciel.
La conception qui préside à la construction des temples hindous est tout autre: elle se base sur l'intimité. Tout est organisé dans le but d'un dialogue personnel avec la divinité. C'est le darshan -le contact visuel. Arriver jusqu'au dieu sera difficile et de plus, ce dialogue pourra être bref. L'organisation des temples hindous a été fixée par des textes sacrés datant d'une époque où nos ancêtres couraient encore nus dans la forêt pour chercher des baies.
Pour accéder à la divinité, il faudra franchir une série d'enceintes concentriques menant au sanctuaire, une pièce minuscule, souvent interdite aux non-hindous, abritant une représentation du dieu auquel est dédié le temple, et gardée par un brahmane (prêtre). Mais il y a du monde, il faut parfois jouer des coudes pour voir la statue.
Au cours de ce chemin, le fidèle traverse un grand espace à colonnade, le mandapam, qui sert en général de lieu de vie à toute une théorie de mendiants. Dans les mandapam des grands temples du sud, au Kerala et au Tamil Nadu, réside systématiquement l'éléphant du temple. On reconnaît à ses trois bandes blanches horizontales que l'éléphant de la photo ci-dessus est adepte de Shiva, auquel est logiquement dédié le temple.
En passant, on se fait donc bénir par l'éléphant. Il faut se présenter devant lui ; il tend alors sa trompe dans laquelle on met une pièce d'une ou deux roupies. Il pose ensuite le bout de sa trompe sur la tête de l'offrant. Les pèlerins rigolent, se font prendre en photo avec, les enfants hurlent de terreur. Les indiens ne sont jamais trop sérieux avec le rite. Quand l'éléphant a quatre ou cinq pièces, il ramène sa trompe vers le mahout et lui laisse tomber le magot directement dans la main (avec un demi litre de morve du coup, tout salaire mérite travail).
Plusieurs des éléphants que j'ai vu se laissaient aller à un mouvement de balancier perpétuel qui aurait beaucoup plu à Richard Avedon mais qui donnait l'impression qu'ils commençaient à franchement yoyoter de la cafetière. Et d'ailleurs, c'est le cas pour beaucoup. Pas une semaine, semble-t-il, sans qu'un quotidien du Sud n'ait dans ses titres un "Elephant runs amok, kills 3".
J'avais vu des statistiques sur le nombre de morts par an à cause des éléphants dressés qui tournent barges, je ne m'en souviens plus mais c'était impressionnant, au moins plusieurs dizaines.
Mais enfin quelle idée de les faire servir Shiva ou Vishnou. C'est bien connu, les éléphant n'aiment que Ganesh.
La conception qui préside à la construction des temples hindous est tout autre: elle se base sur l'intimité. Tout est organisé dans le but d'un dialogue personnel avec la divinité. C'est le darshan -le contact visuel. Arriver jusqu'au dieu sera difficile et de plus, ce dialogue pourra être bref. L'organisation des temples hindous a été fixée par des textes sacrés datant d'une époque où nos ancêtres couraient encore nus dans la forêt pour chercher des baies.
Pour accéder à la divinité, il faudra franchir une série d'enceintes concentriques menant au sanctuaire, une pièce minuscule, souvent interdite aux non-hindous, abritant une représentation du dieu auquel est dédié le temple, et gardée par un brahmane (prêtre). Mais il y a du monde, il faut parfois jouer des coudes pour voir la statue.
Au cours de ce chemin, le fidèle traverse un grand espace à colonnade, le mandapam, qui sert en général de lieu de vie à toute une théorie de mendiants. Dans les mandapam des grands temples du sud, au Kerala et au Tamil Nadu, réside systématiquement l'éléphant du temple. On reconnaît à ses trois bandes blanches horizontales que l'éléphant de la photo ci-dessus est adepte de Shiva, auquel est logiquement dédié le temple.
En passant, on se fait donc bénir par l'éléphant. Il faut se présenter devant lui ; il tend alors sa trompe dans laquelle on met une pièce d'une ou deux roupies. Il pose ensuite le bout de sa trompe sur la tête de l'offrant. Les pèlerins rigolent, se font prendre en photo avec, les enfants hurlent de terreur. Les indiens ne sont jamais trop sérieux avec le rite. Quand l'éléphant a quatre ou cinq pièces, il ramène sa trompe vers le mahout et lui laisse tomber le magot directement dans la main (avec un demi litre de morve du coup, tout salaire mérite travail).
Plusieurs des éléphants que j'ai vu se laissaient aller à un mouvement de balancier perpétuel qui aurait beaucoup plu à Richard Avedon mais qui donnait l'impression qu'ils commençaient à franchement yoyoter de la cafetière. Et d'ailleurs, c'est le cas pour beaucoup. Pas une semaine, semble-t-il, sans qu'un quotidien du Sud n'ait dans ses titres un "Elephant runs amok, kills 3".
J'avais vu des statistiques sur le nombre de morts par an à cause des éléphants dressés qui tournent barges, je ne m'en souviens plus mais c'était impressionnant, au moins plusieurs dizaines.
Mais enfin quelle idée de les faire servir Shiva ou Vishnou. C'est bien connu, les éléphant n'aiment que Ganesh.
Libellés : Histoires_indiennes, Religion, Tamil Nadu
L'arroseur (...et l'assistant d'icelui...)

Ramoji Film City, Hyderabad, décembre 2007
Libellés : Cinéma, Hyderabad, Loin de l'agitation, Travailleurs
19 mai 2008
Regarder les gens qui regardent 17

Sravanabelgola, décembre 2007
Libellés : Karnataka, Regarder les gens qui regardent
16 mai 2008
14 mai 2008
12 mai 2008
8 mai 2008
Les affinités du regard
J'avais reçu il y a quelques temps un mail, en forme de clin d'œil, du photographe Stéphane Lavoué de l'agence parisienne MYOP. Il m'envoyait deux images prises par ses soins à Hyderabad, dans deux endroits que j'ai aussi photographiés (voir mes posts du 17 janvier et du 20 janvier).
Son mail, avec ses photos, est arrivé fin janvier, juste après mes posts, mais je ne l'ai découvert que bien plus tard pour une obscure raison d'antispam trop prudent.
J'ai été, je dois dire, assez surpris par ces photographies.
Il m'autorise à les montrer ici, et je vous remets les miennes du coup, en regard.

copyright Stéphane Lavoué, Fort de Golconde

moi-même, même endroit

copyright Stéphane Lavoué, Ramoji Film City

moi-même, même endroit
Son mail, avec ses photos, est arrivé fin janvier, juste après mes posts, mais je ne l'ai découvert que bien plus tard pour une obscure raison d'antispam trop prudent.
J'ai été, je dois dire, assez surpris par ces photographies.
Il m'autorise à les montrer ici, et je vous remets les miennes du coup, en regard.

copyright Stéphane Lavoué, Fort de Golconde

moi-même, même endroit

copyright Stéphane Lavoué, Ramoji Film City

moi-même, même endroit
Ce message m'a fait plaisir car je ne connaissais pas le travail de ce photographe et je vous conseille vivement de faire un tour sur le site de l'agence.
Sa série Cent fois kudasai (2007), au Japon, est magnifique. Certaines images, prises sur le vif, ont la complexité des photos mises en scène, la dynamique en plus (voir par exemple, photo 5 ou 8). C'est assez rare à mon sens. D'autres ont cette utilisation très élaborée de la lumière (soirée Tokyo decadance ; celle de l'aquarium...), quasi hollywoodienne, qui confère à l'image une atmosphère particulièrement riche et source de mystère.
Sur l'Inde, voir la série Inde. When we were kings (2005), notamment les portraits, la jeunesse indienne y est tellement vraie.
Et enfin, Bollywood au Tyrol (2005), sur le tournage d'un film indien au Tyrol (l'inévitable chorégraphie romantique du couple dans les Alpes fait quasi office de signature pour un films indien à budget).
Sa série Cent fois kudasai (2007), au Japon, est magnifique. Certaines images, prises sur le vif, ont la complexité des photos mises en scène, la dynamique en plus (voir par exemple, photo 5 ou 8). C'est assez rare à mon sens. D'autres ont cette utilisation très élaborée de la lumière (soirée Tokyo decadance ; celle de l'aquarium...), quasi hollywoodienne, qui confère à l'image une atmosphère particulièrement riche et source de mystère.
Sur l'Inde, voir la série Inde. When we were kings (2005), notamment les portraits, la jeunesse indienne y est tellement vraie.
Et enfin, Bollywood au Tyrol (2005), sur le tournage d'un film indien au Tyrol (l'inévitable chorégraphie romantique du couple dans les Alpes fait quasi office de signature pour un films indien à budget).
Libellés : Hyderabad



