24 avril 2008

Le garçon à la toupie bleue

scène de rue de nuit en Inde
8th Cross, Malleshwaram, Bangalore, avril 2008

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21 avril 2008

Une nuit à l'Institut des sciences 1


Anamika et le banian, Bangalore, février 2008

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La tournure de ce blog va changer petit à petit. De moins en moins -jusqu'à disparition- d'images pour poursuivre les séries qui sont en cours. La raison est à chercher dans mes déboires avec mon laboratoire de Bangalore, Prabhu digitals, dont je vous passe les détails mais qui a fini par user toute volonté de faire appel à eux.
Je garde donc mes films, j'accumule, et remets à plus tard la publication de ce matériau.

La difficulté va être de travailler en aveugle, sans vraiment pouvoir expérimenter de choses, mais la poursuite de ce qui est commencé devrait pouvoir se faire.

Parmi ce que j'attends, il y a en priorité les photos de Velankanni, une petite ville du Tamil Nadu, principal lieu de pèlerinage catholique en Inde et celles de Nagur, juste à côté, et...important lieu de pèlerinage musulman. Ces deux endroits au bord de l'océan indien sont assez passionnants pour le métissage des rites qui y ont lieu. Les musulmans se font bénir par l'éléphant de la mosquée et les catholiques se rasent la tête avant un bain rituel par exemple.

Du coup, que faire ici ?
Je montre parfois des images numériques et il y en aura de plus en plus. Je poursuis, en numérique aussi, un travail un peu plus plasticien à partir des écrans de cinéma. Idéalement, il faudrait montrer ça ailleurs, mais bon on verra.

20 avril 2008

Tournage d'un film télougou dans les ruines de Golconde

tournage d'un film indien
Fort de Golconde, vers Hyderabad, décembre 2007

Je parlais du cinéma indien ces derniers jours. Voici, pour poursuivre, une photo faite en décembre dernier dans les magnifiques ruines du fort de Golconde en banlieue d'Hyderabad.
Sans les chercher, en se promenant simplement, on tombe souvent sur des tournages (comme celui-là à Bangalore ou celui-ci à Goa).
Ce jour, après quelques clics de métronome, la musique était lancée et les bellâtres costumés faisaient des mouvements ondulant, reliés par cet sorte de grand drap. Sous le muret en pierre, des rails de traveling guidaient un chariot doté d'un long bras de grue qui faisait faire à la caméra des mouvements absolument invraisemblables.
Franchement, si vous n'avez jamais vu de film indien, vous vous demandez (avouez) : mais quel genre de génie de la réalisation faudrait-il être pour intégrer une telle scène dans un bon film ?

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19 avril 2008

Un autre gardien

un gardien en Inde(image cliquable)
Benaulim Beach, Goa, novembre 2007

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18 avril 2008

Le gardien des bungalows

photo d'un gardien en Inde à Goa(image cliquable)
Benaulim Beach, Goa, novembre 2007

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Le corps des femmes et le regard des hommes

Suite de la lecture de Films and Feminism. Je rappelle que les conclusions offertes ici concernent le cinéma populaire en langue hindi des années 90. Il n'est pas trop risqué de penser que ces analyses peuvent servir à penser le cinéma bollywoodien actuel.



L'autre article particulièrement intéressant est intitulé Female bodies and the male gaze. Il y est montré que l'écrasante majorité des films sont centrés sur l'homme : ses conflits, ses rêves, ses tragédies. La femme n'existe qu'en relation avec l'homme (mère, femme).
L'auteur a eu du mal à trouver ne serait-ce qu'un seul film centré sur une femme célibataire.

Les films exaltent -sans surprise- le culte de la beauté et de la jeunesse.

Si les femmes ne sont pas le sujet des films, elles sont sans conteste le sujet des regards. Sujets observés et passifs : aucune de leurs décisions, par exemple, ne contestera jamais l'autorité.



L'auteur analyse dans plusieurs films la mise en scène du regard que porte l'homme sur la femme dans le film. Ce regard est souligné (le héros enlève ses lunettes, écarquille les yeux), mis en action par le montage, des effets de ralenti et de zoom.
L'analyse des scènes de danse montre une prédominance des points de vues en plongée ou en contre-plongée afin de mettre en évidence le décolleté et des chorégraphies clairement orientées vers le mime de mouvements sexuels [ndm : pas besoin d'avoir vu beaucoup de films indiens pour se rendre compte de ça !].

Un autre essai intitulé Women in Indian Cinema : Fictional Constructs établit les liens entre la mythologie indienne et la représentation de la femme dans le cinéma. La tradition de la déesse-mère (parfaite, pure, etc.) et celle de Kali (déesse destructrice à laquelle renvoient les personnages cinématographiques de...belle-mère !) permettent d'appréhender les personnages de fiction.
Même si le résumé que j'en fais ne le laisse pas supposer, l'essai est rédigé dans un anglais plein d'humour, très plaisant pour un ouvrage universitaire. J'ai noté cette phrase par exemple : "The role of a mother -a supposedly 'good mother' is absolutely trivialized in Indian cinema. This silent suffering, stoic species is so distressingly deified on celluloid that by the end of the movie you are convinced that these faces will soon be up on postage stamps."

Plus loin sont analysés les rapports entre les hommes : toujours positifs, marqués du sceau de l'amitié et de la fraternité ; et les rapports entre les femmes : forcément extrêmes, soit hostiles ou implicitement lesbiens.

Pour conclure, le message délivré par les films indiens populaires est celui de la tradition indienne : "je suis une femme, donc mauvaise et par là-même destinée à souffrir". [ndm : on jurerait notre bonne vieille tradition judéo-chrétienne]

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(une image saisie pendant la séance du film Race : Ah la censure ! (pas de nudité, pas d'acte sexuel) Mais avec cette fois des moyens assez proches de ceux de Billy Wilder ou de Ernst Lubitsch en leur temps à Hollywood, voilà ce qu'on peut appeler un habile contournement tout à fait riche en implicite...)

Les photos d'illustration sont tirées du film kannada Mungaaru Male(2007) et du film hindi Race (2008).
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Une anecdote personnelle et signifiante pour finir. Alors que je lisais le-dit ouvrage dans cette bibliothèque de Pondicherry, un employé se rapproche de ma table, me fait de la main le geste "bouge-toi de là" avant de me montrer, de l'index et sans un mot, le panneau "Ladies only" au mur.
Je n'avais pas vu le panneau (tout à fait habituel en Inde ; je fais évidemment attention normalement), et de ladies, il n'y en avait point. J'étais seul à une immense table entourée de douze chaises vides.
A peine évacué de cet endroit de folle débauche (imaginez un peu, lire à moins de quatre chaises d'une femme), une jeune fille vient s'assoir.
Le preux chevalier (l'employé hindou : principe d'action) était venu exclure l'étranger (l'occidental : menace morale) afin que la blanche colombe (la jeune vierge soumise : détresse nécessitant l'intervention masculine) puisse étudier en paix. Au cinéma, il serait de rigueur qu'un mariage soit prévu en retour.
Pan sur le bec !

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17 avril 2008

Copinage (hors-sujet)

affiche des esprits solubles

La semaine prochaine à Lyon, le collectif des esprits solubles montre un premier état de la dernière création : Histoire de Frédéric II Roi de Prusse.
Si le spectacle est aussi bizarre que d'habitude, ça vaut le déplacement au moins depuis très loin.

Une des photos prises par mes soins pendant mon passage en France cet hiver sert de visuel.

Le cinema indien est de droite

Comme je me trouvais en début de semaine à Pondicherry, je suis allé voir par curiosité la bibliothèque Romain Rolland. Pensant trouver une mine de livres en français, je fus un peu déçu par les quelques rayons - le reste de la bibliothèque étant consacré en grande majorité aux livres en anglais.
Sur les rayons français donc, les chef-d'œuvres chef-d'œuvraient dans la poussière (vieilles reliures arrachées, pages moisies). Dumas, qui a d'ailleurs sa rue à Pondi, était de loin le plus représenté.
Plus étonnante, la découverte en ces lieux de Mangez de la salade de Pierre Dac et Francis Blanche.



Au rayon Fine arts, en anglais, on trouve peu de choses mais néanmoins toute une série d'essais consacrés au cinéma : une édition de Kolkata du Journal de Tarkovski par exemple fait assez plaisir. A côté, un énorme pavé sur...Yul Brynner !

Je tombe finalement sur Films and Feminism : essays in Indian Cinema, recueil d'articles mis sur pied par Jasbir Jain et Sufha Rai, de l'Université de Jaipur. J'ai eu du mal à m'en décrocher tant ce travail était convaincant, si bien que je suis revenu le lendemain pour le terminer et que je vous retranscris ici quelques points abordés par cet essai. S'il est des gens qui s'intéressent au cinéma indien récent, la suite peut les intéresser ; sinon, j'écris cela avant tout pour moi, cela me fera me souvenir de ce livre et me permet de mettre mes vagues notes au propre.



L'un des articles les plus intéressant s'intitule Saffronizing the silver screen: the right-winged nineties film (La vague safran à l'écran : les films de droite des années 90) [note de moi : le safran est la couleur de la droite nationaliste indienne. On parle de vague safran pour évoquer l'avancée des idées d'extrême-droite en Inde].
Les années 60 sont dominées par le cinéma de Raj Kapoor, cinéma de gauche présentant des héros issus des classes populaires en prise avec une société injuste et corrompue.
Les années 70 et 80 sont celles des films d'action avec Amitabh Bachchan (ex. Sholay). Le héro est toutefois encore issu de milieux modestes (working class).
A partir des années 90, un nouveau discours idéologique sous-tend Bollywood, le cinéma populaire hindi. Les héros des films appartiennent désormais aux classes supérieures, ou au moins aisées, de la population et ils sont presque exclusivement hindous.
Quant au personnage du méchant, il est toujours le symbole d'une menace pour la Nation hindoue. Les deux ennemis étant le Pakistan (auquel se réfèrent les personnages de terroristes dans les films d'action) et le monde occidental (matérialiste et individualiste, en opposition aux valeurs communautaires et familiales indiennes). Les films sont ainsi foncièrement marqués par l'idéologie de droite qui crée une paranoïa de la menace.[ndm : on pense au cinéma hollywoodien des années 80, les Reaganite entertainment, films bodybuildés avec Schwartzy&co, les films d'autodéfense, etc.]
-Les hommes seront le rempart contre la menace terroriste (films d'action).
-Les femmes seront garantes de la famille, des rites, de la tradition et du foyer (dans les familly drama, qui dominent désormais la production). Pour elles, la menace est l'occidentalisation, et la solution est toujours l'appel à l'obéissance familiale. Leur personnage, mélange de caractères occidentaux et indiens fonctionnera selon la dichotomie intérieur/extérieur. On verra, par exemple, telle jeune fille en mini-jupe (aspect extérieur) chanter une Bhajan [prière chantée] (son âme, elle, n'est donc pas corrompue).
Les films scandent globalement la supériorité des valeurs hindoues.

(La suite demain, avec le regard masculin sur le corps des femmes et la construction fictive des personnages de femmes, toujours dans le cinéma indien.)



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Les photos d'illustration sont tirées du film kannada Milana (2007) et du film hindi Race (2008).
J'avais commencé sans grand succès à photographier l'écran pendant les séances, comme ça, à main levée. Juliette a poursuivi et est parvenue très rapidement à des choses très belles, jouant sur des longs temps de pose. On continue donc ça tous les deux quand on va au cinéma. Il y a parfois de belles réussites que nous montrerons soit sur ce site, soit sur celui de Juliette consacré au cinéma indien.

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Panneau peint devant un cinéma

panneau peint (affiche) devant un cinéma en Inde
Devant le cinéma Le Sampige (à côté de chez moi), Bangalore, novembre 2007

Panneau pour le film kannada "Chanda".

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5 avril 2008

Quatre femmes sur la plage

photo de femmes indiennes sur la plage
Pondichéry, février 2008

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4 avril 2008

La grille

enfants indiens
Trois enfants, Bangalore, septembre 2007

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3 avril 2008

Sur un terrain devant le chantier de Milk Colony

photo de deux enfants devant un immeuble en construction en Inde (Bangalore)
Deux enfants, Bangalore, septembre 2007

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2 avril 2008

Quelques liens et références (/révérences)

Une exposition, très belle semble-t-il, du photographe japonais Shoji Ueda vient de se terminer à la maison européenne de la photo (mep), à Paris.
Il disait à propos des photos dans la rue: "C’est difficile de simplifier, on est souvent obligé de prendre des choses qu’on aimerait bien enlever".
Je pourrais faire mienne cette remarque tant j'aime les photographies dont le cadre sert à délimiter une portion de vide enveloppant des sujets clairement présentés.

La photographie sur l'Inde/en Inde sur internet, grands noms ou moins grands noms :
Steve McCurry, de Magnum est l'un des grands noms qui vient tout de suite en tête. Il écrit sur son site en introduction de ses photos d'Inde: "Bien que je sois allé presque 75 fois en Inde, j'en suis toujours à gratter la surface."
McCurry représente une Inde fantasmée et sans temporalité, qui n'a pas changé depuis un siècle. Taj Mahal, sadhus barbus, saris colorés, tout y passe. Et pourtant quel génie ! Car personne, selon moi, n'a mieux que lui photographie cet aspect de l'Inde qui, de fait, existe.
C'est un grand coloriste et deux ou trois images de ce site lui font explicitement référence (lesquelles ? ah, faut chercher...).

Après avoir repris une claque en revoyant hier le film War photographer de Christian Frei, à propos de James Nachtwey, j'ai découvert que ce dernier avait un site web avec deux images d'Inde. Ces dernières ne sont pas ce qu'il a fait de mieux mais c'est l'occasion de voir le reste. Le maître de la photo au corps à corps.

Une belle série noir et blanc de Stefan Rohner, découverte récemment, dans le style "Leica-noir-et-blanc".

Denis Bourges du célèbre collectif Tendance floue a fait une série sur les Hijras (la caste des transsexuels, ou simplement travestis, que l'on croise un peu partout en Inde).

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A propos de ma série dont le titre provisoire est "regarder les gens qui regardent", la grande référence est bien sûr le peintre romantique allemand Caspar David Friedrich. J'aime ses mises en scène du regard par l'utilisation d'un "spectateur délégué" dans le tableau.
Pour la photographie, j'ai découvert il y a peu cette image de Jacques-Henri Lartigue. Parfaite.
Plus récemment, cette photographie du chinois Weng Fen, qui servait d'affiche à l'exposition "Alors la Chine ?" au centre Pompidou m'avait beaucoup impressionné. Rappelez-vous, en 2003, l'année de la Chine en France. C'était du temps où la Chine était encore fréquentable, le Tibet n'existait pas encore et le Dalaï Lama n'était qu'un vieux copain excentrique de Richard Gere.

Une vue sur le Charminar à Hyderabad

photo du charminar a hyderabad
Laad Bazaar, Hyderabad, décembre 2007

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1 avril 2008

Un vendeur de journaux

photo d'un vendeur de journaux en Inde
Vendeur de journaux à la gare routière de Belur, Karnataka, décembre 2007

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