29 mars 2008

Holi à Varanasi

photo de holi a varanasi
Une mission : arriver à la gare de Varanasi (Bénarès) à 9h30 du matin après une nuit de train et rejoindre une guest house, à quatre kilomètres, le long du Gange (à propos, saviez-vous qu'à Bénarès le Gange a la forme du croissant de lune qui orne la chevelure de Shiva?).

photo de holi a varanasi

Ce jour-là, le samedi 22 mars au matin, c'est le moment culminant du festival de Holî, dit aussi festival des couleurs. Cette grande fête de l'arrivée du printemps est parfaitement adaptée au principe d'enfance perpétuelle qui règne en maître dans la société indienne.
Les magasins ferment et tout le monde sort dans la rue pour barbouiller et se faire barbouiller de couleurs des pieds à la tête.

Le jeu consiste à recouvrir surtout ceux qui ne veulent pas.
Cela se passe en famille, juste devant la porte de la maison ou alors dans la rue. A Varanasi, partout les pèlerins ont laissé la place à des sonos -techno à fond les manettes- et à des groupes exclusivement constitués d'hommes qui se sautent dessus, s'embrassent et, les mains pleines de pigments, s'en mettent partout. C'est un grand élan régressif à l'échelle d'une ville entière.
Les femmes restent devant chez elles pour le faire avec les enfants. Les foules d'hommes indiens sont un peu trop tripoteuses pour être honnêtes.

Il faut dire que ça a commencé tôt à Varanasi. Dès l'aube, les gens se sont retrouvés au bord du Gange pour préparer le Bhang, la boisson au cannabis traditionnellement associée à Holi. Tenez, la recette sur le site officiel.

photo de holi a varanasi

Reprenons. Oui, nous arrivons à la gare avec Juliette à 9h30. Ambiance de guerre civile : tout est donc fermé, des bandes rôdent dans les rues avec des grands sacs de pigment plus quelques armes de poings légères : seringues, pistolets à eau, pulvérisateurs.
Un rickshaw nous conduit jusqu'au bord du Gange à prix d'or. Le véhicule est recouvert de peinture.
Maintenant c'est le plus dur, rejoindre l'hôtel à pied. On se sait condamné, nos vêtements avec, mais il y a les sacs à dos...

Et puis il faudrait parler des tireurs embusqués, groupes de snipers en culottes courtes sur les balcons et les terrasses qui eux remplissent carrément des seaux. 5 litres d'eau ! 10 !, un sac de pigment et hop par dessus la rambarde. C'est l'artillerie. D'autres, embusqués, ont acheté des seringues en plastique longues de cinquante centimètres qu'ils remplissent d'encre.
Enfin, il y a ceux qu'on va appeler les brigades chromatiques, à deux ou trois sur une moto, qui sillonnent la ville, tête baissée et seringue au poing pour détecter les rabats-joie immaculés et monochromes.

Et nous, au milieu de ces bandes complètement défoncées et armées, que croyez-vous qu'il nous arriva ?
Tête, cheveux, sacs, tout. Cibles bien trop privilégiées !



Mais comme j'ai confiance en mon karma -et en l'étanchéité de mon appareil-, je suis ressorti un petit moment faire quelques images. Le chien (photo en bas) a été rencontré à Kolkata par contre, quatre jours après Holî.

photo de holi a varanasi

photo de holi a varanasi

photo de holi a varanasi

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28 mars 2008

Howrah Bridge - Retour du nord

Je suis revenu de mon incursion de deux semaines dans le nord du pays. Un peu de tourisme au début dans l'Orissa. A Bhubaneshwar, on aperçoit depuis une plateforme, le colossal temple du maître des trois mondes dans lequel les non hindous ne peuvent rentrer. A Konarak, le temple du soleil, conçu comme un char de pierre, est recouvert de sculptures érotiques que les indiens observent avec un air de pas y toucher.
Arrivé à Puri au bord de l'océan, j'ai repris le travail à la chambre sur les terrains de jeu comme je l'avais commencé à Mumbai le mois dernier. Le thème existe déjà sur ce blog, mais il est abordé d'une façon tout à fait différente. L'approche "paysagesque" de ce que j'essaye de faire à la chambre rend mieux honneur à la spécificité des lieux et éloigne de l'action à proprement parler. Je retrouve mieux l'objectif que je m'étais fixé avec cette série, je crois. Je précise à nouveau que je suis dans l'impossibilité de scanner les plans-films faits depuis février. A voir donc à partir de la fin de l'été.

Ensuite, Kolkata, ou Calcutta pour l'ancien nom. Comme d'autres villes célèbres, la perception que l'on peut en avoir est d'abord masquée par sa propre légende. La légende de Kolkata a été construite par le regard de l'Occident. Un regard vers le bas. La cité de la joie, etc.

Je suis donc arrivé à Kolkata, ville d'accueil de l'écrivaine bangladaise Taslima Nasreen, le jour où celle-ci quittait le pays pour s'installer en Europe.


Howrah Bridge et le bain dans la Hooghly, Kolkata, mars 2008

La ville est faite de brique, de métal, d'agencements inattendus, de grands boulevards qui séparent des quartiers calmes aux ruelles étroites. Tout a l'air ancien même ce qui vient d'être construit. On dirait une ville ouvrière anglaise ; c'est clairement pauvre - le genre de ville d'où partent les révolutions. D'ailleurs, le colonisateur anglais ne s'y est pas trompé : en 1911, agitations, rébellions, changement de capitale ! direction Delhi, plus calme politiquement.

Une ville sympathique donc.
Je n'ai eu l'appareil numérique que le dernier jour, j'ai donc pu faire quelques photos que je peux vous montrer.
Sur celle-ci, le photogénique pont de Howrah qui enjambe la Hooghly sur une portée de 450 mètres sans tremper les pieds dans l'eau. Le pont le plus fréquenté du monde. Un autre, moderne, a été construit à côté : personne ne va dessus. A Kolkata, on veut de l'ancien, de la patine, de la classe d'époque. On veut du rêve je vous dis.
(on peut certes objecter que le nouveau pont est payant)

Demain je vous raconte le festival de Holi, à Varanasi.

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27 mars 2008

Bylakuppe 15 : drapeaux de prières sur un terrain de football

terrain de foot chez les tibétains en Inde(image cliquable)
Drapeaux de prières et cage de but, village de Koppa, décembre 2007

Un petit paysage pour conclure temporairement cette série sur les communautés tibétaines de Bylakuppe. Je retournerai là-bas pour continuer, dans un mois ou deux. Peut-être.

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26 mars 2008

Bylakuppe 14 : ou...les terrains de jeu 9

moines tibétains jouant au cricket
Cricket au monastère de Namdroling, village de Koppa, décembre 2007

Vous n'imaginiez pas que j'allais passer à côté d'un terrain de cricket, fût-il chez les tibétains!
Voilà ce qui me parut être l'unique concession des tibétains à leurs hôtes. On s'adapte comme on peut et à défaut de batte, un grand morceau de bois plat fera l'affaire. J'aime bien le fait que cette tenue de sport bleue, trophée véritable pour son possesseur et très certainement objet de fierté, se soit retrouvée partagée entre deux enfants qui ont bricolé comme ils ont pu, un mélange avec leur habit traditionnel de moine.

(certes pas grand chose à voir mais ça me fait penser à La huitième femme de Barbe-bleue de Lubitsch quand Gary Cooper crée le scandale dans un magasin où il ne veut acheter que le bas d'un pyjama, ne portant jamais le haut, et que Claudette Colbert arrive justement et...ne souhaite que le haut, ne portant rien en bas !)


Cricket au monastère de Namdroling, village de Koppa, décembre 2007

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25 mars 2008

Bylakuppe 13 : toujours les lampes à huile

moine allumant des lampes à huile
Monastère de Sera Jey, village de Sera, décembre 2007

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Bylakuppe 12 : deux moines de passage

photo de deux moines devant un bâtiment tibétain
Monastère de Namdroling, village de Koppa, décembre 2007

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23 mars 2008

Bylakuppe 11 : les moulins à prières

moulins à prières tibétains(image cliquable)
Monastère de Namdroling, village de Koppa, décembre 2007


Le monastère est entièrement ceint d'un mur blanc garni de moulins à prière. Ce sont surtout les vieilles personnes qui habitent aux alentours qui viennent arpenter ce périmètre en faisant tourner quelques uns de ces grands tambours en métal gravés de mantras.

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