Fresque du parti communiste indien

Chantier de Milk Colony, Bangalore, septembre 2007
L'Inde est un pays peint.
On affiche aussi, mais surtout on peint. Et souvent, quelle élégance !
Ce savoir-faire d'une peinture artisanale et utilitaire n'existe plus en France. La publicité et l'affichage sont irréversiblement entrés dans l'ère de la reproductibilité mécanique des images. Dès lors, plus rien de ce que l'on voit sur nos murs n'a la moindre valeur : plus que des paysages urbains standardisés, nettoyés, photoshopés.
En Inde, l'âme sensible s'émouvra encore facilement d'une publicité pour une huile de vidange ou d'une annonce pour une réunion du parti du congrès. J'ai vu, il n'y a pas trois jours, de très beaux raccords de tuyaux hyperréalistes dans le Kérala.
Evitons tout d'abord les murs "Stick no bills", qui dans un anglais un peu surprenant interdisent l'affichage de quoi que ce soit.
Et puis envisageons tous les autres murs, les portes, le sol, avec :
Les peintures politiques, les graffitis, les peintures de publicités ou de logos, celles d'enseignes (on voit d'intéressants spécimens de peintures de garages, avec des moteurs peints assez impressionnants) ou celles annonçant un film.
Dans les peintures de cinéma, il faudrait aussi distinguer les affiches (reproduites à la main à l'encre en petit format et en bichromie, sérigraphiées et affichées) des panneaux peints d'une vingtaine de mètres découpés selon le contour de la star qu'ils représentent, et que l'on voit devant les cinémas.
A cela s'ajoutent les images peintes religieuses, votives : des Shiva, des Parvati, des Ganesh, des Jésus ou des Vierge Marie mais aussi des motifs géométriques peints ou dessinés à la craie sur le sol au seuil du foyer.
Il y aurait décidément un bon travail photographique d'inventaire à faire à propos des murs indiens.
Libellés : Le chantier de Milk Colony, Sur les murs, Travailleurs
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